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« Chaque génération découvre sa mission, elle la trahit ou l'assume »

Frantz Fanon « Les damnés de la terre »

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vendredi 18 février 2011

Le Printemps des poètes 2011 : le Collectif des Écrivains nègres inaugure la 10ème édition des Francopoésies d'Yerres.

Le Printemps des poètes sera cette année exceptionnellement consacré à la place de la femme dans l'art. Pour les Francopoésies, qui se déroulent à Yerres (91) du 11 au 21 mars, pour leur 10ème édition, sont dédiées au père du petit prince, Antoine de Saint-Exupéry. 

Le Collectif des Ecrivains Nègre aura l'honneur d'inaugurer cette dizaine. A cette occasion, un récital poétique suivi d'un buffet afro-antillais est organisé à partir de 21h en la salle André Malraux. PAF : 15 €. 

Pour ceux qui viennent de loin, une navette est mise gratuitement à leur disposition à partir de la gare SNCF d'Yerres. 

Une école dédiée à Léopold Sédar Senghor sera inaugurée par le Député maire de la Ville d'Yerres, M. Nicolas Dupont-Aignan, sous le patronage de SEM Abdou Diouf, président de la Francophonie.

















jeudi 25 novembre 2010

Rama Yade : Lettre à la jeunesse, Grasset.

Le 14 avril 2005, Jacques Chirac rencontre la jeunesse face aux caméras de télévision pour l’exhorter à soutenir le oui au référendum sur la Constitution européenne. Et là, devant le pays stupéfait, l’homme qui préside la France dit à un intervenant : « Je vais vous dire, franchement, je ne vous comprends pas ». Cette phrase symbolise pour Rama Yade l’éloignement de la France de sa jeunesse. "Lettre à la jeunesse" s’adresse directement à toute la jeunesse de France concernée, selon l'auteure, par la précarité de l'emploi et la crise de l'enseignement qui la dangereuse rendent aux yeux des décideurs.
Le livre de Rama Yade voudrait situer les racines du pessimisme français dans son manque de confiance en la jeunesse, le fréquent fatalisme de celle-ci. Il est un appel à la jeunesse, loin d’un misérabilisme confortable que d’une démagogie, à prendre énergiquement en mains sa destinée et, au-delà, celle de la France.  Prix : 9€
L’Auteur :
Rama Yade, 33 ans, est née à Dakar. Elle est arrivée en France à l’âge de 10 ans. Diplômée de Sciences-Po – Paris, ex-secrétaire d’Etat chargée des sports depuis 2009, elle reste l’une des personnalités politiques préférées des Français.

mercredi 24 novembre 2010

Sarcelles : La Place Aimé Césaire inaugurée

Le 21 novembre dernier, la Mairie de Sarcelles inaugurait un espace dédiée à l'un des Grands Fils de l'Afrique, le nègre Fondamental Aimé Césaire, l'un des fondateurs de la Négritude.

La Place Aimé Césaire, illustrée par le buste de ce dernier est sise à l'Avenue du 18 mai 1945 à l'espace ANCV non loin de l'Ecole Primaire Pauline Kergomard et à un quart d'heure à pied de la gare SNCF.

Elle a été inaugurée par le Député-maire de Sarcelles M. François Pupponi entouré de ses adjoints et en présence de M. Serge Letchimy le Député-maire de Fort-de-France et Président du Conseil régional de la Martinique.  De nombreux personnalités notamment artistes, écrivains et politiques des Afriques et d'ailleurs ont marqué cette matinée. Le Collectif des Écrivains nègres, les Poètes de la Négritude, y ont fait une présence remarquée.

Devant le buste d'Aimé Césaire, de gauche à droite : Joël Conte, président de "Rencontres Européennes Europoésies", Pascal Bonin, président du "Collectif des Écrivains Nègres", Michel Mella, président de "Parole, Culture, Cité" et l'artiste-poète David Andrew.

 Pascal Bonin, le président du Collectif des Écrivains Nègres en plein échange avec Serge Letchimy, 
Député-Maire de Fort-de-France et Président du Conseil Régional de la Martinique.

vendredi 12 novembre 2010

Poème

Symphonies nègres



Comme un qui voudrait recouvrer Sa liberté,
Plutôt que de périr dans la prison nouvelle
Je me joins à vous, sevré de ma puberté
Passés quatre cents ans d'imposture mortelle !

Plutôt que de me plaire ad vitam aeternam
A porter le masque abstrait, je me joins à vous,
Ô poètes conscients. Je déserte Panam
Comme un enfant distrait, je viens sans rendez-vous.

C'était du temps où Aimé Césaire, le Maître,
Loin des pestilences, arpentait le Voyage.
Je me souviens, unis, pour saluer l'ancêtre,
Nous avions la négritude pour partage.

Après avoir longtemps cultiver la chienlit
En proie au désespoir, me voilà maintenant,
Entre deux doux rêves, le cœur tout embelli.
Je vous revois encor, le verbe pertinent.

Dieu sait les écueils qui ont jonché le chemin
Je pense à vous, poètes de la négritude,
Ma joie est de porter l'héritage demain
Dignement avec vous, telle est ma certitude.

La France joue à fausser mon identité
Hier nègre aujourd'hui black, je devrais me soumettre
Ne plus être un homme ? Laisser ma dignité
Renier mes valeurs, ma grande histoire omettre ?

Salut ! Maîtres au repos d'un labeur visible !
Empreintes sur le ventre du monde endormi
Salut, nobles Pères ! Oui le nègre sensible
A votre grand œuvre vous est plutôt soumis.

Je suis d'un cœur fringant le devoir de mémoire
Je me plais à boire votre obstination
Le legs éternel Ah ! La glorieuse Histoire
Gonfle ma foi et ma détermination.

Je voudrais maintenant de vous forger le Bien
Heureux comme un enfant appeler votre grâce
Ô pères de la négritude, et sur ce rien
Que je ne possède faites-moi une place.

Damas, Senghor, Césaire, pères fondateurs
Bandez mon bras au combat de la négritude,
Pour des jours inspirés que je sois le porteur
D'eau. Aux cœurs altérés, force et sollicitude !

Je saurai être la bouche des voix sans voix
Le médiateur entre l'Hier et l'Aujourd'hui,
Le victimaire de l'œuvre et sur cette voie
Cent fois, j'ai dit : Damas Senghor et Césaire, oui

Je serai l'obstiné, l'entier dépositaire
Au-delà des mensonges savamment construits
Vienne l’heure pendant que mon rappeur austère
Dénonce, révolté, l'injustice et l'ennui,

Je serai fidèle, la juste Cause nôtre
Le canal indéfectible du grand discours
Apporteurs de soleil, je suis désormais vôtre,
Vienne l'heure, prélude d'un réel concours.

Que mon rêve...enfin mon destin se réalise
Aux symphonies nègres. Que je sois sacrifice
De l'héritage vrai, et ma main concrétise
A la foi nubienne l'éternel édifice.

Ainsi apte au serment, paré pour la mémoire
Marchant sur les traces des Maîtres sans clivage
Je saisisse encor plus les lois de mon prétoire
Je préserve le legs dont je suis bien l'image.

Pour vous, pharaons, esclaves, nègres marrons
Colonisés et tirailleurs sénégalais,
Loin des convenances, fermes, nous convierons
Les générations futures au relais

Bissionel, Coudray, Diacko,Illemay,
Moucle, Ozoua, Pagesy, Houria, Nègres
Et Négresses poètes conscients, désormais,
Je vous sais résolus, je vous crois tous intègres

Afriques dispersées, Afriques pourtant une
Martinique, Guadeloupe, Côte d'Ivoire
Comores, Sénégal, Madagascar Guyane
Poètes debout, comment en vous ne pas croire ?

Vous êtes renaissance de la Négritude
L'obligation de mes luttes engagées
Et puis dans cette France où le mépris dénude
La bassesse excelle les laideurs arrangées.

Je suis moi-même fort de mon indépendance
Délaissant mes doutes au pied du Mont Pelé
Maintenant debout, sans colère ni vengeance
Au pied du Mont Nimba, je suis votre Appelé.

J'ai dit : que faire de ces siècles de mensonges ?
Dois-je encor démontrer ma contribution ?
Je dis non à ce penchant animal qui ronge.
Je vous offre mon seul bien, mon adhésion

Ô Nègre Fondamental, ô Nègre debout
Ô Nègre tirailleur, ô Nègre de Guyane
Ô nègres dispersés, ô nègres de partout
Ô ma Négritude mon très cher patrimoine.

Pascal Bonin 
in "Tropicales", 2010, Ébène Editions.